Les noyades secondaires by Maxime Raymond Bock

Les noyades secondaires by Maxime Raymond Bock

Auteur:Maxime Raymond Bock [Bock, Maxime Raymond]
La langue: fra
Format: epub
Tags: Fiction
ISBN: 9782924491225
Éditeur: Cheval d'août
Publié: 2017-01-15T00:00:00+00:00


La sonnette n’avait pas fini de sonner quand la porte s’est ouverte. La blonde de Julien est apparue souriante, son bébé sur la hanche. Elle était presque aussi grande que moi. Une très belle femme, de loin plus belle en réalité que sur les photos que j’avais vues d’elle sur la page internet. Ses cheveux noirs étaient détachés. Elle avait un corps de maman, un peu gras, une généreuse expérience de la vie parfaitement proportionnée. Elle m’a dit d’emblée en riant de ne pas me sentir mal, qu’elle avait ouvert la porte aussi vite parce qu’elle m’avait vu par la fenêtre. On s’est serré la main, Sylvain, Marie-Laure, et on est tout de suite allés au salon, première porte à droite. « Excuse-nous, Julien est pas encore prêt, il revient de la job, il fait sa toilette », m’a-t-elle dit, et j’ai pensé à un schnauzer se faisant tailler les griffes par deux dames dans une clinique éclairée de néons, puis à un gros chat sauvage essayant avec difficulté de se lécher les vertèbres dorsales. Avant de tourner dans la pièce, j’ai entendu le bruit d’un rasoir électrique, venant d’un peu plus loin dans le corridor. Il y avait un pichet d’eau, des verres, des biscottes garnies de morceaux de fromage et des bouteilles de bière sur la table basse devant le canapé. L’appartement sentait bon la nourriture, une sauce aux tomates peut-être, ou un mijoté. Je me suis rendu compte que je n’avais pas mangé de la journée.

Elle m’a offert une bière en m’invitant à m’asseoir dans un fauteuil, puis a installé le petit par terre à côté de la table, sur un tapis coloré rempli de jouets. Sa blouse était sobre, sans échancrure, seulement un peu lâche, son col s’est ouvert quand elle s’est penchée pour aider le petit à saisir une balle. L’enfant aussi était très beau. Je n’en connais pas beaucoup, seulement ma nièce que je ne vois pas souvent, et à mon avis les bébés ont tous le même visage, fille ou garçon, ils ne sont pas encore tout à fait quelqu’un et on pourrait facilement se tromper à la pharmacie ou au marché, revenant distraitement de l’allée des bouteilles de shampoing au carrosse laissé derrière, et ramener à la maison l’enfant d’un autre. Ce bébé-là, par contre, avait quelque chose dans le regard, une question ou un jugement, il m’a fait une belle façon, démesurée par rapport à l’attention que je lui ai donnée. Pour ce que j’en sais, si ces vermisseaux ne sont pas en train de hurler à mort, il faut faire des simagrées avec une voix de castrat à dix centimètres de leur visage pour provoquer chez eux la moindre réaction. Lui, il m’a semblé qu’il était déjà tout là. Il s’appelait Siméon. Je n’ai pas l’œil. Il devait avoir près d’un an. Il avait quelques dents en avant et ne tenait pas debout sans aide.

L’appartement était chic, avec des plinthes et des cadres de porte en boiseries travaillées, une armoire



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